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Viticulture
14/06/2018 -

Orages tropicaux : quelles conséquences ?

Orage sur vignoble

Belle sortie, grossissement de baies rapide grâce à une pluviométrie abondante…Les conditions étaient prometteuses pour compenser la récolte 2017 historiquement basse.

Tous les espoirs seraient permis, si le printemps 2018 exceptionnellement chaud et humide, un vrai climat tropical, entrecoupé d’orages de grêle, ne favorisait un développement très menaçant des maladies, mildiou en tête.

 

Un millésime moyennement précoce, en retard sur 2017, proche de 2016

  • Sur les différents référentiels de suivi de stades phénologiques sur la région, on constate un retard d’un peu plus d’une semaine sur 2017 mais par contre des stades phénologiques comparables à 2016 ce qui situe le millésime 2018 comme moyen en terme de précocité.
  • Même constat en regardant les indices thermiques type Huglin (somme des températures supérieures à 10°C à partir 1er avril) où 2018 se situe dans la moyenne de ces derniers millésimes (exemple sur la station météo de Nîmes sur le mois d’avril (Figure 1).

Figure 1 : Evolution de l'Indice d'Huglin sur la station météo de Nîmes (ICV Nîmes)

 

Des pluies abondantes depuis le début de l’année, après une sécheresse exceptionnelle en 2017

 

Alors que la sécheresse a marqué lourdement le deuxième semestre de l’année 2017, asséchant de façon très inquiétante les sols à la fin de l’année, le cumul exceptionnel des pluies depuis décembre en Provence et janvier en Languedoc a spectaculairement inversé la tendance.

 

Il a plus plu depuis 5 mois que sur l’ensemble de l’année 2017 !

 

Ce régime pluviométrique exceptionnel pour la région, avec des averses quasi quotidiennes, couplées à des températures assez élevées et à un air très humide, s’apparente à un climat tropical humide selon certains experts météorologues.

 

Tableau 1 : Pluviométrie mensuelle sur 7 stations météo références du département de l'Hérault (données ACH34)

Station météo

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Cumul 2018

Cumul 2017

Faugères

111

81

161

202

102

546

435

Puisserguier

76

81

142

140

47

410

297

Pézenas

111

140

115

131

63

449

293

Villeveyrac

137

163

108

 

NC

> 271

247

Plaissan

144

54

97

146

63

360

324

Valflaunès

223

61

177

140

111

489

590

St-Christol

148

55

113

128

103

399

334

Moyenne

136

91

130

148

82

442

360

Tendances

+++

++

+++

++++

++++

+++

---

 

Le taux de remplissage en eau des sols au plus haut

 

Désormais le taux de remplissage des sols est à des niveaux exceptionnels pour un mois de Juin, garantissant une bonne alimentation hydrique de la vigne jusqu’à au moins la véraison.

 

La figure 2 montre l’enregistrement de la teneur en eau des sols sur 1 m de profondeur sur une parcelle de Chardonnay à St Thibéry dans l’Hérault, dans le cadre du conseil à l’irrigation iPilote ®. Elle montre que les sols étaient plus secs en décembre et en Janvier qu’en août, et qu’il a fallu de nombreuses pluies consécutives pour refaire le plein.

Figure 2 : Evolution de l’humidité du sol sur 1 m de profondeur sur Chardonnay à St Thibéry.

 

Une sortie plus généreuse qu’en 2017

 

Alors que les conditions climatiques post-vendange 2017 faisaient craindre des difficultés de mise en réserve et de fait un démarrage difficile de la végétation en 2018, la climatologie printanière (pluies et températures douces) a permis une bonne minéralisation et une belle reprise du cycle végétatif de la vigne.

 

Les comptages réalisés à la floraison sur le référentiel gardois (140 parcelles suivies depuis 1991) montrent que la sortie 2018 est très proche de celle de 2015 (moyenne de 18 ,07 grappes / souche contre 18,05 en 2015), ce qui place 2018 au-dessus de la moyenne décennale (2009 à 2018) de 17,58 grappes / souche. 

Figure 3 : Evolution de la sortie des grappes dans le Gard depuis 1991 (référentiel ICV Nîmes)

 

Les comptages sur cépages Cabernet Sauvignon et Chardonnay montrent une faible évolution par rapport au millésime 2017 et une estimation de 10% en dessous de la moyenne 2014 – 2018.

 

La sortie généreuse sur Grenache Noir se confirme (évoquée sur le terrain et confirmée par les chiffres) : + 20% par rapport à 2017 et + 12 % par rapport à la moyenne des 5 dernières années, avec des grappes de belle taille et une floraison achevée sans coulure observée sur de nombreuses parcelles.

Les cépages Merlot, Sauvignon et Syrah restent dans la moyenne 2014 – 2018.

 

Cépage

Sortie 2018

Moyenne 2014 à 2018

Evolution / moyenne

CABERNET S

18.06

19.96

-9.5%

CHARDONNAY

15.76

17.55

-10.0%

GRENACHE N

17.83

15.88

12.0%

MERLOT

20.87

19.99

4.0%

SAUVIGNON

20.40

20.36

pas de variation

SYRAH

15.50

15.39

0.5%

 

Un développement rapide du feuillage et du raisin

 

Du fait de la bonne alimentation hydrique, la vigne de développe généreusement. Le feuillage est très vigoureux et atteint des volumes importants.

La floraison semble se dérouler normalement dans la plupart des situations, avec un taux de coulure plutôt faible pour l’instant.

Le raisin grossit très rapidement, les baies atteignent rapidement après nouaison le stade petit pois, et la fermeture de la grappe devrait être atteinte prochainement dans les secteurs précoces.

2018 s’annonce comme un millésime à grosses baies, avec des grappes compactes et beaucoup de jus, à moins d’une sécheresse brutale en août.

 

Pression sanitaire : il pleut, il fait doux … c’est la fête au mildiou !

 

Les conditions climatiques sont particulièrement favorables aux maladies cryptogamiques, et au mildiou en particulier.

 

Les dégâts sont particulièrement fréquents, visibles sur la grande majorité des parcelles, avec dans certaines situations des dégâts sur grappes.

Ils sont particulièrement visibles dans des situations de bas fonds, ou dans des parcelles où l’excès d’eau dans le sol a par moments empêché l’accès aux tracteurs et pulvérisateurs.

 

La sortie des symptômes est loin d’être terminée avec de nombreux repiquages en cycles secondaires. L’humidité ambiante très élevée (supérieure à 60 %  depuis plus d’un mois, avec des rosées matinales quotidiennes, et des pluies régulières), associée à des températures de 20 à 25 °C créent les conditions optimales au développement du mildiou, qui réalise son cycle en 6 à 7 jours.

Figure 4 : Dégâts de mildiou sur feuille et sur grappe le 29/5 sur le secteur littoral de l’Hérault

 

Attention au botrytis

 

Des symptômes de botrytis sont déjà visibles sur feuille et sur grappes. La pression risque de devenir explosive cet été. Le botrytis enfermé dans les grappes à partir de la fermeture de la grappe reste latent tant que le raisin est vert (son développement est inhibé par la richesse en acide malique). Il va commencer à se développer quand le raisin va se charger en sucres, et son acide malique se dégrader.

 

Les gestes qui peuvent faire la différence pour préserver l’état sanitaire de la vendange

 

La prophylaxie est essentielle, pour favoriser l’aération du feuillage et des grappes : soigner l’épamprage, assurer les relevages dès que possible, éviter les rognages excessives qui favorisent le développement des entrecoeurs.

 

L’effeuillage précoce après floraison (le plus tôt possible avant fermeture) permet de réduire fortement l’attaque de botrytis à la récolte.

 

Le tableau ci-dessous présente l’incidence de l’effeuillage à la nouaison sur l’état sanitaire du raisin à la récolte (essai ICV sur Grenache, 2015)

 

Tableau 2 : Incidence de l’effeuillage à la nouaison sur l’état sanitaire du raisin à la récolte (essais ICV sur Grenache, 2015)

Modalité

Fréquence botrytis

Intensité botrytis

Témoin

44%

9,4%

Effeuillé

24,4 %

2,64 %

Attention au travail du sol : ne pas intervenir en fin de rémanence d’un traitement, mais juste après, laisser un rang sur deux enherbé pour le passage des outils, maintenir l’herbe rase par des tontes.

Resserrer les cadences de traitement pendant la phase de forte sensibilité au mildiou, particulièrement en viticulture biologique où il faut renouveler les traitements en cas de lessivage (25 mm) ou après une croissance du feuillage de plus de 30 cm, alterner les familles de matières.

 

Que ce soit en conventionnel ou en bio, l’ajout de certaines spécialités ou adjuvants peuvent faire la différence.

Pour les bios, on peut penser notamment à l’ajout d’alcool terpénique (exemple : Heliosol / Calanque…) en complément du cuivre pour améliorer l’efficience de la bouillie et limiter légèrement le lessivage après une pluie. Quel que soit le mode de culture, sur cette période de forte sensibilité, en plus des spécialités homologuées mildiou et oïdium, des résultats intéressants sont obtenus par l’ajout d’huile d’orange douce (Prev-am, Limocide, Essen’ciel…) voire de bicarbonate de potassium (Armicarb) qui vont avoir une action asséchante directe et limiter le développement des spores.

 

Bien vérifier le réglage des pulvérisateurs, et s’assurer que les bouillies pénètrent bien au cœur du feuillage (passer tous les 2 rangs avec des voutes)

 

Le Groupe ICV est agréé pour le conseil indépendant de toute activité de vente ou d’application (agrément LR01302 délivré au GIE ICV-VVS)

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